Remonter la Loire

Pierre Assouline

[…] Dans La fin de Bartleby (147 pages, 16 euros, fario), Thierry Bouchard prend prétexte de la destinée comique et tragique du fameux personnage d’Herman Melville pour s’interroger non plus sur le rendu du fameux « I would prefer not to » (mais il le fait utilement sur les diverses traductions du titre Bartleby the Scrivener : le scribe, l’écrivain, le copiste, le commis aux écritures, le greffier, le copiste de pièces juridiques…) que sur ce que l’écriture exige de renoncement au monde. En filigrane, c’est une véritable réflexion sur le devenir d’un certain type de littérature, de passion pour ce qu’elle représentait jusqu’à présent et qui est peut-être en train de disparaître comme l’écrivain B. de son si fin récit. Tout tourne autour d’une expression qui revient à de nombreuses reprises :
« La communauté des lecteurs pénétrants ».
[…]

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La Fin de Bartleby

L’énigmatique formule du copiste, « I would prefer not to », continue de hanter les esprits longtemps après son invention. Quelle qu’en soit la traduction, elle est devenue pour certains, plus qu’un miroir, comme une raison d’être. Le tour a été réussi à la perfection, qui s’accompagne d’un curieux scotome ou de l’oubli récurrent d’un détail hautement significatif : la fin de la nouvelle et le sort funeste de Bartleby. Ce récit qui tisse la lecture de Melville et la fin d’un fictif « écrivain de la disparition » est surtout une réflexion sur l’écriture et ce qu’elle implique de renoncement au monde. Ce qui alors prend fin

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