« Nul encore n’a dit »

& Peter Tripp

Traduit allemand
par Patrick Charbonneau

Le dernier livre écrit par W.G. Sebald, publié après sa mort accidentelle, fut conçu avec un artiste, Peter Tripp. Les deux hommes étaient amis depuis l’enfance et proposèrent ensemble le projet à l’éditeur allemand Michael Krüger. Les lithographies de Tripp exposent trente-trois regards auxquels font face autant de poèmes courts, dont la forme se rapproche de celle du haïku, de Sébald. Nul commentaire de sa part, plutôt un contrepoint, une sorte de construction elliptique, fulgurante, et décalée, ouverture à la « vision » dont ces regards demeurent la trace.

images-2-3.jpg

L’art de Tripp est un jeu subtil avec le réalisme et, comme on peut le voir chez un certains nombres de graveurs ou dessinateurs contemporains, une ironique adresse à la photographie. Le procédé à l’œuvre n’est pas sans faire penser par analogie à l’extraordinaire travail documentaire de Sebald appuyant ses fictions sur un socle de matériaux historiques et littéraires extrêmement solide, une archéologie mélancolique faisant de l’histoire une fiction, effaçant les frontières entre roman, récit et essai.

Les regards du livre sont ceux de vivants et de morts, de Proust à Beckett, celui de Sebald lui-même ou ceux de son chien Maurice.

La publication de ces textes à la concision foudroyante devrait rappeler que les ouvrages les plus connus de W.G. Sebald n’étaient pas ceux d’un romancier ordinaire : son écriture, sa « vision », furent celle d’un poète.

Poèmes suivis d’une postface d’Andrea Köhler et d’«Un adieu à Max Sebald » de Hans Magnus Enzensberger. 

Édition bilingue

wg.sebald.jpg

W. G. Sebald

De son vrai nom Winfried Georg Maximilian Sebald, Max, comme il préfère se faire appeler, W. G. Sebald est un écrivain et essayiste allemand. Il a grandi en Bavière dans un milieu ouvrier. Son père entre à la Wehrmacht en 1929, y reste sous les Nazis et est fait prisonnier de guerre jusqu’en 1947. Le miracle économique d’après-guerre fait que la famille intègre les rangs de la petite bourgeoisie, où le silence est de mise sur les événements d’avant 1945. A seize ans, Sebald, voyant un documentaire sur les camps de Bergen-Belsen, prend conscience de la réalité historique. La thématique de la fragilité de

Lire la suite »

Jan Peter Tripp

Jan Peter Tripp est un peintre, graveur et dessinateur allemand. Ami d’enfance de W. G. Sebald… Aux éditions Fario : Nul encore n’a dit, avec des lithographies de Jan Peter Tripp, traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau (Unerzählt), 2014

Lire la suite »