Nous devrions peut-être nous engager dans la moindre marche avec un esprit d’éternelle aventure sans retour – prêts à renvoyer nos cœurs embaumés comme des reliques vers nos royaumes affligés.

Henry David Thoreau

Günther Anders et la promesse tenue de l’anthropologie

Hicham-Stéphane Afeissa

Les éditions Fario publient un volume passionnant recueillant les écrits de jeunesse de Günther Anders dans lesquels ce dernier esquisse les grandes lignes d’une anthropologie philosophique.

La multiplication des traductions en français des essais de Günther Anders (1902 – 1992) depuis plus de vingt ans le confirme : l’intérêt pour le philosophe allemand est bien plus et tout autre chose qu’une simple mode. Günther Anders s’est imposé depuis le début des années 2000 comme l’interlocuteur obligé de tous ceux qui s’efforcent de penser l’époque actuelle, que ce soit en liaison avec la crise écologique, la course aux armements, l’usage des techniques ou toute autre menace qui pèse lourdement sur l’avenir de l’humanité.

Günther Anders – de son vrai nom, Günther Stern – apparaît sous les traits du prophète (qu’il a d’ailleurs théorisés), à ce titre plus actuel que jamais, en raison non seulement de l’étonnante modernité de ses sujets de réflexion, mais encore de son style inimitable, à mille lieues des normes disciplinaires des universités, qui donne à ses textes une facture presque littéraire. Anders signifiant « autrement », en allemand, il faut reconnaître que le pseudonyme est bien choisi tant il est vrai que ce penseur aura, sa vie durant, fait tout autrement que les autres.

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L’Humain étranger au monde

Si l’un des gestes les plus significatifs de Günther Anders fut d’accepter de sortir du langage technique de la philosophie académique en raison de l’urgence qu’il y avait à penser et à intervenir devant la destruction à l’œuvre dans le siècle, on aurait tort d’oublier que sa conception de l’obsolescence de l’homme repose d’abord sur une tentative de discernement de ce qu’est cet humain qui n’a plus cours. Le présent volume se présente donc comme prolégomènes et socle de ce qui deviendra la critique impitoyable de son époque, qui est aussi la nôtre.  L’anthropologie philosophique dont il est question ici, dans le sillage de Max Scheler

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