Nous devrions peut-être nous engager dans la moindre marche avec un esprit d’éternelle aventure sans retour – prêts à renvoyer nos cœurs embaumés comme des reliques vers nos royaumes affligés.

Henry David Thoreau

Encore une fois semer des cailloux sur le chemin du petit poucet. Le récit est connu, il nous vient des Contes de la mère l’Oye de Charles Perrault. C’est le destin et la force des contes que de toujours s’offrir aux conteurs, de génération en génération. Serge Airoldi ne transgresse ni n’édulcore, il ne trahit pas cet art du conte qui suppose, comme le notait Walter Benjamin, de ne rien céder à la psychologie. Simplement il apporte ses propres pierres, les distribue ou les répand à sa façon. Poétique. Et c’est donc ici affaire de langue, de détails, de citations discrètes venant jeter leur part de saveur, de lumière ou de nuit, de grotesque ou d’accablement sur ce fatum d’une histoire trop humaine.

Mais cette version du Petit Poucet est d’abord l’histoire d’une rencontre de Serge Airoldi avec des images : celles, puissantes, vigoureuses, acides ou drolatiques de Lydie Arickx. Il ne s’agit pas d’illustrations, le dessin participe de la transmission du conte, nous font spectateurs naïfs, prêts à s’étonner toujours, à s’alarmer souvent, à s’émouvoir pensivement devant les ressources, enfouies en chacun de nous, de l’enfance trahie.

Que dire de cette fratrie ? Sinon une asymétrie.
Six grands et un tout minuscule. Un petit.
Un code, comme un tatouage sommaire : L.P.P.
Un acide désoxyribonucléique que La Vargne et L’Oye
ne cherchaient même pas à justifier.
Il était sorti comme ça.

On sort comme ça.

Tirage de tête : Vingt cinq exemplaires numérotés et signés, accompagnés d’un dessin original (charbon et pigment fluo), au format du livre, de Lydie Arickx.

Serge Airoldi

Serge Airoldi vit et travaille à Dax. Il est né à Auch, dans le Gers, en 1966. Après des études de lettres, de droit, de sciences politiques, il devient journaliste au quotidien Sud Ouest en 1993 où il travaille jusqu’en 2008. Pendant cinq ans, il y a tenu une chronique littéraire mensuelle. Il est aujourd’hui directeur artistique des Rencontres à Lire, le salon du livre de Dax et collabore à la revue bordelaise Le Festin ainsi qu’à la revue littéraire Le Matricule des Anges. Depuis le premier numéro, en 2005, il écrit dans la revue fario. Serge Airoldi a notamment publié Le Veilleur de Matera (La Fosse aux

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Lydie Arickx

Lydie Arickx est peintre et sculpteur, née en 1954 à Villecresnes de parents d’origines Flamande. Après des études (1974 – 1978) à l’École supérieure d’arts graphiques de Paris (ESAG), présentée par Roland Topor, première exposition personnelle en 1979 à la galerie Jean Briance  (pastels et huiles). Dès le début des années 1980, elle participe à des évènements internationaux comme la foire de Bâle, la FIAC ou Art Paris. En 1988, elle présente son travail en Belgique, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas puis en Espagne et aux États-Unis (première exposition présentée par Amaury Taittinger à New York aux côtés de Francis Bacon). En 1991, Lydie Arickx s’installe dans

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