La présence des bêtes dans les poèmes de James Sacré tient en grande partie à son histoire, à son enfance rurale, à tout ce qu’il a pu apprendre dans les étables et dans les prés. Mais cette continuité d’une présence animale dans l’écriture peut intriguer jusqu’à l’auteur lui-même.
Compagnie de l’animal poème est à la fois un recueil de poèmes, en vers ou en prose, et une poétique. James Sacré expose, avec tout à la fois simplicité et profondeur, l’ensemble des questions soulevées en lui par le fait d’écrire de la poésie et par le fruit de cet art que sont les poèmes.
Qu’il s’agisse du statut du poème, de sa genèse ou de sa réception par l’autre, des questions de forme, de la rime, du mètre, s’instaure ici une sorte de dialogue entre le poète et ses créatures. Et cette forme animale qui vient se glisser jusque dans les mots a la vertu de faire de cet être de verbe un être vivant. Dont nous aurions à déchiffrer, à tâtons, le langage non verbal.
L’animal incarne peut-être ce familier toujours étrange, ou cet étranger plus ou moins familier dont chaque poème pourrait être porteur.
La langue est un monde qui ne nous appartient pas ; la poésie est là pour nous le rappeler.
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L’animal « poème a grandi je crois à cause des mufles que les vaches poussaient dans mes rêveries puis dans les mots qui me sont venus après ces ennuis émerveillés d’un temps mal bucolique ?
Figures animales ou figures de mots, donc, sentiments et pensées devant les remuements des bêtes ou ce qui s’est passé durant l’écriture de soi-disant plus vrais poèmes plus tard. Tentatives de penser et de comprendre un peu : n’était-ce pas ce même animal en forme de mots ou de cuir poilu plein d’odeurs qui se laissait caresser en même temps qu’il m’échappait alors que je croyais le tenir ou l’avoir apprivoisé ? Quelque chose de beaucoup moins familier que ce que j’avais pu penser.
J. S.