Sumaymana

suivi de Magique étude
de Max de Carvalho

Traduit portugais (Brésil)
par Max de Carvalho
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Née à Rio de Janeiro en 1940, Regina Célia Colônia a passé son enfance dans divers pays du sous-continent américain, suivant ses parents qui vécurent plusieurs années auprès de peuples amérindiens des Andes, du Chaco et d’Amazonie. C’est dans cette expérience de vie, qu’elle devait renouveler à l’âge adulte, cette fois parmi les Indiens du Brésil, que Colônia a puisé l’immémoriale modernité d’inspiration de Sumaymana, recueil unique aussi bien dans son œuvre d’écrivain – elle a donné par ailleurs deux volumes de nouvelles et de contes -, que sans équivalent dans le panorama de la poésie brésilienne.

Paru voici tout juste quarante ans, il a été salué par de nombreux contemporains et parmi eux les deux figures tutélaires de la poésie nationale, Carlos Drummond de Andrade et Joao Cabral de Melo Neto.

Le titre quechua du livre en résume l’objet principal, à savoir la quête d’une souveraine beauté. En effet « Sumaymana » peut se traduire par « Beau suprême ». Tissé de poèmes tantôt secrets et brefs, puis parcouru d’un souffle plus ample figurant un « chant général » précolombien, l’ensemble illustre une noblesse d’âme de haute lignée.

Au moment où, dans le silence assourdissant d’une barbarie d’indifférence, la « question indienne » atteint au Brésil un seuil critique, il nous a semblé nécessaire de donner à lire la célébration d’une beauté dont la force n’a d’égale que la douceur.

Regina Célia Colônia a joint à son livre, pour éclairer le lecteur non averti, un glossaire détaillé et complet.

[…]
Sumaymana est celui qui est venu
en premier

du plus intime de la terre,
de l’océan le plus guerrier,
par la richesse du feu
entre les arbres et la danse
des vents sur la cordillère

Sumaymana, le premier. (…)

MAGIQUE ÉTUDE
Le subtil et initiatique dialogue que le traducteur de ce recueil a conçu en écho fait percevoir au lecteur l’arrière-plan d’une simplicité de ton dont on sait qu’elle est toute la difficulté de l’art. Quels que soient les secrets que notre présomption lui dénie, la Terre parle. Tout éphémère soit notre passage ravageur sur ses chemins, nous ne lui sommes pas tout à fait étrangers.

Édition bilingue


Max de Carvalho

Max de Carvalho est écrivain, revuiste et traducteur. Il a fondé et dirigé des années durant l’une de ces revues de littérature dont l’empreinte est durable et relève d’une forme de grâce. C’est rare. Ça s’appelait (et ça s’appelle toujours) La Treizième. Deux de ses livres constituent une traversée d’artiste funambule au-dessus des gouffres où grondent les chutes de nos empires. La corde sur laquelle il danse savamment est tissée du chanvre le plus grossier, il s’agit du jeu de foot-ball mondialisé — opium que le Brésil, comme d’autres nations mais avec de singuliers et fantasques caprices -, a su cultiver à l’usage du peuple — auquel

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Regina Celia Colônia

Née à Rio de Janeiro en 1940, Regina Célia Colônia a passé son enfance dans divers pays du sous-continent américain, suivant ses parents qui vécurent plusieurs années auprès de peuples amérindiens des Andes, du Chaco et d’Amazonie. C’est dans cette expérience de vie, qu’elle devait renouveler à l’âge adulte, cette fois parmi les Indiens du Brésil, que Colônia a puisé l’immémoriale modernité d’inspiration de Sumaymana, recueil unique aussi bien dans son oeuvre d’écrivain — elle a donné par ailleurs deux volumes de nouvelles et de contes -, que sans équivalent dans le panorama de la poésie brésilienne. Paru voici tout juste quarante ans, il a été salué par de

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