La très haute grange parmi les prairies, avec son toit de tuiles fraîches où s’avivent les ciels d’été, l’âpre crépi des murs, le banc toujours vide entre deux portes fermées, ce Port-des-Prés tout pareil (on dirait) à d’autres granges perdues dans d’autres prairies, d’où vient que je retourne à lui sans cesse, comme si, hors les sables du réel, une oasis miraculeusement m’était donnée où triomphe enfin la toute puissance du coeur ?

Gustave Roud


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S’il existe une communauté entre la marche et la littérature, c’est assurément la modestie des moyens.
Il ne serait pas ici et là, possible de quitter un certain sol, et de trouver passage sans en expérimenter les duretés, les courbes, les inégalités de pente, les risques, d’en négliger l’orientation.
A la profusion des véhicules, à l’accroissement constant et comme sans but des vitesses qu’ils atteignent, on associerait volontiers l’arsenal démesuré des savoirs positifs et même le génie propre aux longues visées de la philosophie, les moyens réglés qu’ils requièrent, l’aptitude à la hauteur faramineuse, aux raccourcis, ou aux forages multipliés qu’ils procurent, en nous privant le plus souvent de l’appréhension hasardeuse, du tâtonnement plus ou moins familier, du trésor insoupçonné que recèlent un détour imprévu ou un obstacle agaçant.
Les aléas, les détails, le pas à pas sur les pierres des sentiers, le frayage obstiné dans les bruyères et les réminiscences, la marée des hautes herbes à nos genoux sont la chair de nos routes. Ce sont eux qui, pour partie, ouvrent au monde, à l’au-delà de nos pâtures, donnent présence aux constellations de nos ciels, décelant s’il se peut la seule clarté qui vaille, la pauvre lueur de l’intime et des naissances. (...)

MARCHER

« La plus antique habitude » Liminaire
James Sacré, On a marché, on se demande. On marche encore.
Mary-Laure Zoss, Entre chien et loup jetés
Marcel Cohen, Sans titre
Pascal Riou, Entre le ciel et nous
Marlène Soreda, Thann, Vieux Thann
Michal Rovner, Photographies
Christian Mouze, Force reste au chemin
Jacques Damade, Le Griou
Serge Airoldi, Le visage qui perdait les peuples
Vincent Pélissier, Cela dure toute une vie Roud, dans ses marches, dans ses haltes
Henri Droguet, Pièces détachées
Gustave Roud, Lettre à Monsieur le Docteur Georges Rossel (inédit) – introduction et notes de Claire Jaquier
Gustave Roud, Journal (extraits) – notes d’Anne-Lise Delacrétaz et de Claire Jaquier
Charles-Albert Cingria, Tranche de route
Gustave Flaubert, « N’importe où, pourvu que ce fût loin… »
John Burroughs, Les joies de la route – présentation et traduction de l’américain par Joël Cornuault

LE LIVRE OUVERT

Jacques Réda, Toute sorte de gens
Iñigo de Satrústegui, Tientos (I)
Gilles du Bouchet, Dessins
Charles-Albert Cingria, Le Chinois de Colin (inédit) – présentation de Daniel Maggetti texte établi et annoté par Marie-Laure König et Daniel Maggetti
René Guy Cadou, Journal (inédit) – présentation d’Yves Cosson et notes d’Hélène Cadou
Camillo Sbarbaro, Cartes postales en franchise – traduction et notes de Lise Chapuis et de Margherita Orsino, postface de Lise Chapuis

fario 3 été deux mille six
ISSN : 1774-704X
ISBN : 2-9525224-1-3

Prix : 23€


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