Poezibao - « Au fond de la couche gazeuse », par Laurent Albarracin


"Écartons d’emblée les étiquettes plus ou moins glorieuses ou infâmantes qu’il serait trop tentant d’accoler à cette écriture et son idéologie supposée : antimoderne, technophobe, post-situationniste, catastrophiste, anti-industrialiste, etc. Une fois évacués ces mots creux et réducteurs s’ils ne sont qu’une mise en boîte journalistique appliquée à toute pensée critique de notre « modernité tardive », que reste-t-il ? Un chant. Un chant éminemment paradoxal puisqu’il est un chant de ruines, sans jeu de mot. Un grand chant de la déploration. Et pourquoi pas, après tout. La déploration, quand elle est maniée avec autant de brio que sous la plume d’un Bodinat, a ceci de paradoxal qu’elle chante ce qui n’a plus lieu parmi les signes manifestes de sa disparition. Que ce qu’elle exalte, elle l’exalte en creux au sein même de ce dont elle se désole. Par son refus catégorique du sort qui nous est fait, des conditions inhumaines qui nous sont imposées, elle magnifie l’intelligence et la rage d’exister malgré tout, malgré cela où nous sommes plongés à notre corps défendant et qui vise justement à annihiler celles-ci. "

Suite de l’article :

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2015/12/note-de-lecture-baudouin-de-bodinat-au-fond-de-la-couche-gazeuse-par-laurent-albarracin.html